23 oktober 2014 | ontwikkelingspeech

Inzetten op versterking KMO’s in het Zuiden

Vicepremier en minister van Ontwikkelingssamenwerking Alexander De Croo wil dat de Belgische Ontwikkelingssamenwerking de volgende jaren bijzondere aandacht geeft aan de ondersteuning van de lokale privésector in het Zuiden. Dat zei hij vandaag op een seminarie van de Belgische Investeringsmaatschappij voor Ontwikkelingslanden (BIO) over het investerings- en ondernemersklimaat in de Democratische Republiek Congo.

Alexander De Croo: “Ondernemen is niet alleen een recht. Het is ook een noodzaak. Geen enkel land ter wereld heeft zich enkel en alleen dankzij ontwikkelingshulp uit de armoede getrokken. Duurzame economische groei is een belangrijke katalysator van ontwikkeling. Privéondernemingen zorgen immers voor werkgelegenheid. Bedrijven betalen ook belastingen waardoor lokale overheden middelen verwerven om infrastructuur te bouwen, zoals scholen, ziekenhuizen en wegen.”

“De ontwikkeling van de privésector neemt sinds enkele jaren een centrale plaats in op de internationale ontwikkelingsagenda. Ons land moet zich in die agenda inschrijven. Ik wil de volgende jaren vanuit de Belgische Ontwikkelingssamenwerking dan ook sterk inzetten op de ondersteuning van de lokale privésector in het Zuiden, en dan vooral van kleine en middelgrote ondernemingen.”

“We zullen dat in de eerste plaats doen via BIO, de Belgische Investeringsmaatschappij voor Ontwikkelingslanden. Een dynamische plaatselijke private sector met sterke KMO’s is van essentieel belang als landen zich duurzaam willen ontwikkelen. Ons inspanningen kunnen ervoor zorgen dat bedrijven in het Zuiden meer kansen krijgen om te groeien, te investeren, hun productiecapaciteit uit te breiden en werkgelegenheid te scheppen. ”

Toespraak Seminar BIO/The Corporate Governance in DR Congo Fund – Brussel, 23 oktober 2014.

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord d’exprimer ma gratitude de pouvoir m’adresser à vous aujourd’hui.

Vous le savez peut-être, l’entrepreneuriat est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur. J’ai moi-même fait mes débuts en tant que jeune entrepreneur dans une petite PME. Je sais, pour l’avoir vécu personnellement, comment une activité/entreprise vous absorbe tout entier. Mais j’ai aussi appris qu’il n’y a rien de plus enrichissant que de faire évoluer vos collaborateurs, vos clients et la société au travers de vos activités.

J’ai malheureusement dû renoncer à mon entreprise, lorsque je suis entré en politique. Cependant, ma passion et mon respect pour l’entrepreneuriat sont demeurés intacts. C’est la raison pour laquelle je trouve essentiel de le soutenir et le stimuler, a fortiori là où il est particulièrement difficile de percer et de réussir.

C’est donc un privilège d’être parmi vous aujourd’hui à l’occasion de la remise du Prix biennal de la Gouvernance d’entreprise en RDC (République Démocratique du Congo), une initiative du Fonds Gouvernance d’Entreprise en RDC (République Démocratique du Congo) et de son président Frank De Coninck, à qui j’adresse des remerciements tout particuliers. Je remercie également la Fondation Roi Baudouin pour la gestion quotidienne du Fonds.

Ladies and Gentlemen,

Today’s seminar is important, because the investment and entrepreneurial climate for SME Entrepreneurs in the DRC offers plenty of room for improvement. This is clear when we look at the ‘Doing Business’ ranking that is published annually by the World Bank. In this ranking, the DRC is number 183 of 189. Singapore leads the ranking, while Belgium is in 36th place.

The World Bank establishes this ranking on the basis of five indicators: building permits, the provision of electricity, credit facilities, the protection of investors and taxation. The challenge for entrepreneurs in the Democratic Republic of Congo, and more generally in the countries of the south, is thereby outlined.

With regard to the sore points for SME Entrepreneurship in the DRC, the World Bank identifies five concrete issues:

  • access to credit
  • access to electricity and water
  • transport possibilities
  • the limited buying power of the population
  • corruption and the well-known ‘tracasseries’, the harassment by officials in order to extract money.

It therefore goes without saying that being an entrepreneur represents an enormous challenge in a country such as the DRC. I therefore have great admiration for Philémon Kivuvu Musul, winner of the 2014 Prize for Corporate Governance in the Democratic Republic of Congo.

Mr Kivuvu Musul is managing partner and chairman of Calmaco, a firm specialized in the quarrying and processing of limestone. As a true entrepreneur, Mr Kivuvu Musul takes social concerns for his personnel to heart: he sees to it that salaries are paid on time, including a thirteenth month’s salary at the end of the year, and also pays for the health care of employees and their families. At the start of the school year, Calmaco pays for part of the school supplies according to the number of children of each employee.

Mr Kivuvu Musul already received the award a few months ago in Kinshasa. But it is a real honour for me to welcome Mr Kivuvu Musul here in Brussels, and to share this stage with him today. We will listen to what he has to say with interest in just a few moments.

Il est d’ailleurs primordial de faire entendre la voix d’entrepreneurs, tels que Monsieur Kivuvu Musul, car nous ne savons probablement pas assez en Belgique ce que signifie “entreprendre” dans un pays comme la RDC. Les chefs d’entreprise ici en Belgique se plaignent souvent, mais ils travaillent dans un environnement qui permet d’entreprendre : il y a des banques qui octroient des crédits (bien que cela soit parfois difficile), des fournisseurs d’électricit, des routes bien entretenues (quoique, les bouchons…).

Les dirigeants d’entreprise du Sud évoluent eux dans un environnement totalement différent, où l’État ne fonctionne pas ou fonctionne mal. Ils doivent eux-mêmes régler bon nombre de choses qui nous semblent évidentes : les crédits, la fourniture d’énergie, les transports, etc.

Pour améliorer leur situation, il faut commencer par reconnaître le droit d’entreprendre. C’est le cas en Belgique et le nouveau gouvernement fédéral a la ferme intention d’améliorer le climat entrepreneurial dans notre pays. Mais ce droit doit également être reconnu dans les pays du Sud, comme la RDC. Et en tant que ministre de la Coopération au Développement, j’entends y contribuer.

L’accord gouvernemental est clair. Au travers de notre politique de coopération au développement, nous voulons stimuler le secteur privé, puisqu’il est un moteur de croissance économique. Comment? Essentiellement, en favorisant le climat d’investissement.

Toutefois, entreprendre n’est pas uniquement un droit. C’est aussi une nécessité. Aucun pays au monde ne s’est sorti de la pauvreté grâce à la seule aide au développement. La Corée du Sud qui avait en 1950 un niveau de développement comparable à celui du Congo, n’est pas devenue l’un des pays les plus prospères grâce à la seule générosité de donateurs. Néanmoins, cette générosité a remis la Corée du Sud sur les rails. La Corée du Sud est la première à le reconnaître.

Development cooperation works and has an impact, provided that we look very carefully into where we use the resources. Provided that we make quality and results our first priority.

It will therefore come as no surprise that a liberal such as myself intends to make every effort to support the local private sector in the south in the coming years, above all with respect to the small and medium-sized enterprises. We will do this in the first place through BIO, the Belgian Development Cooperation Agency, which finances enterprises in the south, both with loans and with participations. The law on BIO changed considerably last year. The Belgian State and BIO have developed an initial management contract, and, on the basis of this law and of this management contract, BIO is currently working on a strategy for the coming years.

I will use the next days and weeks to hold talks with the people of BIO. I’d rather not say too much about these talks in advance. In the coming months, we’ll take the necessary time to take a close look at our development policy, and will introduce reforms where necessary. Because that’s necessary. The world is evolving rapidly, and Belgian development cooperation must evolve with it at an equally rapid pace.

Aux administrateurs et aux collaborateurs de BIO (la Société belge d’Investissement pour les Pays en Développement) présents aujourd’hui, je voudrais dire ceci : je crois en BIO. C’est un instrument essentiel de la coopération belge au développement. Les liens entre BIO et cette politique se sont intensifiés ces dernières années, et je m’en réjouis.

BIO entend se concentrer dans les années à venir sur les petites et moyennes entreprises du Sud. Je pense que c’est la bonne stratégie. Dans les années qui viennent, BIO a l’intention de réduire considérablement le nombre de pays où elle est active, le ramenant d’une centaine à une cinquantaine. J’approuve aussi cette décision. Trop de saupoudrage affecte la qualité, l’efficacité et l’impact de nos interventions.

Et BIO se retire des véhicules d’investissement qui ont leur siège dans des pays tels que les îles Caïman, ce qui me semble également juste. Les investissements dans le Sud doivent profiter à ces pays et à leurs populations. Nous ne voulons pas favoriser la fuite des capitaux avec le budget de la coopération belge au développement.

Dans les mois à venir, un élément retiendra mon attention particulière : c’est l’éventail d’interventions que BIO veut financer à l’avenir. Je me demande si nous n’avons pas été trop restrictifs à cet égard  ces dernières années. Sans vouloir anticiper la discussion, c’est un point que je souhaite soumettre à la concertation dans les prochaines semaines avec les administrateurs et la direction de BIO. Si nous voulons concevoir BIO comme l’instrument de soutien au secteur privé dans les pays du Sud, nous devons veiller à ne pas enchaîner ni trop brider la Société belge d’Investissement pour les Pays en Développement BIO.

Private companies provide jobs and economic growth. Private companies pay taxes, at least that’s the idea, and, as a result, the government acquires resources to build infrastructure. Power plants. Roads. Hospitals. Schools.

The development of the private sector has, in fact, been a central focus of the development agenda for several years. The emphasis is now increasingly moving towards the economic development agenda. These dynamics are changing. Nobody currently has second thoughts about the important role the private sector must and will play in the development of the countries in the south. And when I refer to ‘the private sector’, I primarily think of the SMEs.

That is why I am so pleased with initiatives such as this that highlight entrepreneurship. Initiatives that give companies in the south an opportunity to grow in a sustainable manner, to invest and to expand their production capacity, to create jobs and to contribute to economic growth. And to broaden the taxable base of the government. I hope you are not shocked to hear this from a liberal. But you know just as well as I do that ‘domestic resource mobilisation’, the mobilisation of domestic tax revenue, is, like support to the private sector, rapidly becoming one of the central issues in development considerations. Countries need to have revenues in order to finance their development. That’s what a successful country like South Korea did. A dynamic private sector, dynamic SMEs, are thereby of vital importance.

Permettez-moi de conclure sur le même thème que mon introduction : la passion de l’entreprise. Oscar Wilde disait : « Les grandes passions sont le privilège des gens qui n’ont rien à faire ». De mon expérience avec les entrepreneurs, je retiens l’inverse. Plus les entrepreneurs seront libres de faire éclore leur projet et déployer leur entreprise, plus grande sera leur passion.

J’espère que le séminaire d’aujourd’hui, le Fonds Gouvernance d’Entreprise en RDC et BIO contribueront à faire goûter cette passion à un nombre croissant de personnes, y compris en RDC.